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Compte épargne temps (CET) : comment le mettre en place et l'utiliser dans une PME en 2026

Compte épargne temps 2026 : alimentation en jours de repos, utilisation en congé ou en argent, plafonds et mise en place par accord collectif.

Salarié consultant son compte épargne temps avec son employeur dans un bureau

Un salarié qui souhaite financer un projet personnel, un congé sabbatique ou anticiper son départ à la retraite dispose, lorsque son entreprise en a mis un en place, d’un outil souvent sous-utilisé faute d’information claire : le compte épargne temps.

Le principe : capitaliser du temps de repos pour plus tard

Le compte épargne temps (CET) permet à un salarié de cumuler des jours de repos non pris, pour les utiliser ultérieurement, plutôt que de les perdre ou de devoir systématiquement les consommer dans l’année.

À retenir : le CET n’est pas un droit automatique. Sa mise en place suppose un accord collectif préalable, d’entreprise ou, à défaut, de branche, qui en fixe précisément les règles de fonctionnement.

Ce que l’accord collectif doit prévoir

L’accord instaurant le CET doit préciser plusieurs éléments essentiels :

Élément à définirContenu
Modalités d’alimentationQuels jours ou éléments de rémunération peuvent être affectés au compte
Plafonds applicablesLimite annuelle et limite globale de jours ou de valeur cumulables
Modalités d’utilisationCongé rémunéré, monétisation partielle, ou les deux selon les cas prévus
Sort en cas de rupture du contratTransfert, indemnisation, ou liquidation des droits accumulés

Comment alimenter le compte épargne temps

Les sources d’alimentation possibles

Selon ce que prévoit l’accord applicable, le CET peut être alimenté par :

  1. Les jours de RTT non pris dans l’année.
  2. La cinquième semaine de congés payés, au-delà du minimum légal de quatre semaines.
  3. Les jours de repos accordés au titre d’un forfait jours, lorsque le salarié en dispose.
  4. Certains éléments de rémunération variable, comme une prime d’intéressement que le salarié choisit d’affecter au compte plutôt que de la percevoir immédiatement.

Les plafonds à respecter

L’accord fixe généralement un plafond annuel d’alimentation ainsi qu’un plafond global au-delà duquel aucune alimentation supplémentaire n’est possible tant que le salarié n’a pas utilisé une partie de ses droits déjà accumulés.

Utiliser les droits accumulés

Le congé rémunéré, l’usage le plus fréquent

L’utilisation la plus courante du CET consiste à financer un congé rémunéré : congé sabbatique, congé pour création d’entreprise, passage temporaire à temps partiel avec maintien partiel de rémunération, ou anticipation d’un départ à la retraite.

La monétisation, sous conditions

Certains accords permettent également la monétisation de tout ou partie des droits accumulés, c’est-à-dire leur conversion en somme d’argent versée directement au salarié, plutôt qu’en jours de repos effectivement pris. Cette possibilité reste toutefois encadrée par l’accord applicable et n’est pas systématiquement ouverte pour l’ensemble des droits accumulés.

La sécurité des droits accumulés

Une garantie en cas de défaillance de l’entreprise

Les droits accumulés sur le CET bénéficient d’une garantie spécifique en cas de procédure collective de l’entreprise, dans la limite d’un plafond réglementaire. Cette protection rassure le salarié qui accumule des droits sur plusieurs années, en lui évitant de perdre l’intégralité de son épargne temps en cas de liquidation judiciaire de son employeur.

Au-delà du plafond garanti

Pour les salariés ayant accumulé des droits particulièrement importants, dépassant le plafond de garantie réglementaire, une garantie complémentaire peut être souscrite par l’entreprise elle-même, notamment via une assurance dédiée, ou prévue directement par l’accord collectif applicable.

Ce que le CET représente pour l’employeur

Un engagement financier différé à provisionner

Le CET constitue, du point de vue de l’entreprise, un engagement financier différé : chaque jour cumulé par un salarié représente une charge future, qu’il convient de provisionner comptablement plutôt que de découvrir au moment où plusieurs salariés utilisent simultanément des droits accumulés sur plusieurs années.

Anticiper les utilisations groupées

Une entreprise dont plusieurs salariés proches de la retraite ont accumulé des droits significatifs sur leur CET a intérêt à anticiper l’impact financier et organisationnel d’une utilisation groupée de ces droits, plutôt que de gérer cette situation dans l’urgence au moment des départs effectifs.

Mettre en place un CET dans sa PME

Pour une PME qui envisage d’instaurer un compte épargne temps, la négociation de l’accord collectif mérite d’être menée avec un accompagnement juridique, en particulier sur le calibrage des plafonds et des modalités d’utilisation, pour construire un dispositif à la fois attractif pour les salariés et financièrement soutenable pour l’entreprise sur le long terme.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le compte épargne temps permet concrètement au salarié ?

Le CET permet à un salarié de cumuler des jours de repos non pris, RTT ou une partie des congés payés selon les modalités prévues par l'accord applicable, pour les utiliser ultérieurement sous forme de congé rémunéré, par exemple un congé sabbatique, un passage à temps partiel, ou un départ anticipé à la retraite. Certains accords permettent également la monétisation de tout ou partie de ces droits accumulés, sous conditions.

Faut-il un accord collectif pour mettre en place un CET dans une PME ?

Oui, le compte épargne temps ne peut être mis en place que par accord collectif, d'entreprise ou, à défaut, de branche. Cet accord doit préciser les modalités d'alimentation du compte, les plafonds applicables, les conditions d'utilisation des droits accumulés, et les modalités de transfert ou de liquidation en cas de rupture du contrat de travail.

Comment le compte épargne temps peut-il être alimenté ?

L'alimentation du CET varie selon ce que prévoit l'accord collectif applicable : jours de RTT non pris, cinquième semaine de congés payés, jours de repos accordés au titre d'un forfait jours, ou certains éléments de rémunération variable comme une prime d'intéressement que le salarié choisit d'affecter au compte plutôt que de percevoir immédiatement. L'accord fixe généralement un plafond annuel et un plafond global au-delà desquels aucune alimentation supplémentaire n'est possible.

Que se passe-t-il si l'entreprise fait l'objet d'une procédure collective ?

Les droits accumulés sur le compte épargne temps bénéficient d'une garantie spécifique en cas de défaillance de l'entreprise, dans la limite d'un plafond réglementaire, ce qui sécurise le salarié contre la perte de ses droits accumulés sur plusieurs années. Au-delà de ce plafond, une garantie complémentaire peut être souscrite par l'entreprise ou prévue par l'accord collectif applicable, pour couvrir les salariés ayant accumulé des droits particulièrement importants.

Le CET représente-t-il un risque financier pour l'employeur ?

Oui, le CET constitue un engagement financier différé que l'employeur doit provisionner comptablement, particulièrement lorsque plusieurs salariés accumulent des droits significatifs sur plusieurs années sans les utiliser. Une entreprise qui met en place un CET a intérêt à suivre régulièrement le niveau des droits accumulés par ses salariés, pour anticiper l'impact financier d'une utilisation massive et simultanée, par exemple lors de départs à la retraite groupés.