Visite médicale d'embauche et visite de reprise : les obligations de l'employeur en 2026
Visite d'information et de prévention, suivi renforcé, visite de reprise, pré-reprise et rendez-vous de liaison : délais et obligations de l'employeur.
Une TPE embauche son premier salarié, puis un deuxième, et la question de la médecine du travail passe au second plan. Six mois plus tard, un salarié revient après deux mois d’arrêt pour une opération, et personne n’a pensé à la visite de reprise. Ces oublis sont fréquents, et ils engagent directement la responsabilité de l’employeur. Voici les visites obligatoires, leurs délais et la manière de les organiser sans y passer des heures.
Le préalable : adhérer à un service de santé au travail
Dès le premier salarié, l’employeur doit adhérer à un service de prévention et de santé au travail interentreprises, le plus souvent organisé à l’échelle du département ou du secteur d’activité. C’est ce service qui organise les visites, sur déclaration des embauches et des arrêts par l’employeur. L’adhésion donne lieu à une cotisation annuelle, généralement calculée par salarié.
Ce point fait partie des formalités de base d’une première embauche, aux côtés de la déclaration préalable et des affichages obligatoires, détaillés dans notre guide sur l’embauche d’un premier salarié.
À l’embauche : deux régimes selon le poste
| Suivi individuel simple | Suivi individuel renforcé | |
|---|---|---|
| Salariés concernés | Cas général | Postes à risques : amiante, plomb, agents cancérogènes, risques de chute de hauteur, certaines habilitations, etc. |
| Visite initiale | Visite d’information et de prévention | Examen médical d’aptitude |
| Moment | Dans les 3 mois suivant la prise de poste | Avant l’affectation au poste |
| Professionnel de santé | Médecin du travail, collaborateur médecin, interne ou infirmier | Médecin du travail |
| Document remis | Attestation de suivi | Avis d’aptitude ou d’inaptitude |
| Périodicité maximale | 5 ans | 4 ans, avec une visite intermédiaire à 2 ans |
Certains salariés en suivi simple doivent passer la visite avant leur affectation : travailleurs de nuit, jeunes de moins de 18 ans. D’autres bénéficient d’une orientation vers le médecin du travail à l’issue de la visite : travailleurs handicapés, femmes enceintes, titulaires d’une pension d’invalidité.
À retenir : la visite d’embauche n’est pas une formalité facultative. Si le salarié a passé une visite pour un poste équivalent dans les cinq années précédentes, elle peut toutefois être évitée sous conditions.
Pendant le contrat : le suivi périodique
Le salarié est revu selon une périodicité fixée par le médecin du travail, dans la limite de cinq ans en suivi simple, et de quatre ans en suivi renforcé avec une visite intermédiaire au plus tard à deux ans. Le salarié peut aussi demander une visite à tout moment, tout comme l’employeur.
Une visite de mi-carrière est par ailleurs prévue autour de l’âge de 45 ans, à une échéance fixée par accord de branche ou, à défaut, durant l’année civile du 45e anniversaire. Elle vise à anticiper les risques de désinsertion professionnelle.
Après un arrêt : la visite de reprise
C’est l’obligation la plus souvent oubliée dans les petites structures. L’employeur doit organiser une visite de reprise :
| Motif de l’absence | Seuil déclenchant la visite de reprise |
|---|---|
| Maladie ou accident non professionnel | Arrêt d’au moins 60 jours |
| Accident du travail | Arrêt d’au moins 30 jours |
| Maladie professionnelle | Quelle que soit la durée |
| Congé de maternité | Systématiquement |
L’employeur saisit le service de santé au travail dès qu’il connaît la date de fin de l’arrêt. La visite doit avoir lieu le jour de la reprise et au plus tard dans les huit jours qui suivent.
Tant que la visite de reprise n’a pas eu lieu, le contrat de travail reste en principe suspendu : l’employeur ne peut pas licencier pour un motif lié à l’état de santé, et doit en principe rémunérer le salarié qui se tient à sa disposition.
Avant la reprise : pré-reprise et rendez-vous de liaison
Deux dispositifs facilitent le retour après un arrêt long :
- la visite de pré-reprise, pour un arrêt de plus de 30 jours, à l’initiative du salarié, du médecin traitant, du médecin conseil ou du médecin du travail, pour préparer d’éventuels aménagements de poste ;
- le rendez-vous de liaison, pour un arrêt de plus de 30 jours, organisé à l’initiative de l’employeur ou du salarié avec le service de santé au travail. Il informe le salarié des mesures d’accompagnement possibles. Il est facultatif pour le salarié, qui ne peut être sanctionné s’il refuse.
Les conséquences d’un oubli
Le défaut d’organisation d’une visite obligatoire constitue un manquement à l’obligation de sécurité de l’employeur. En pratique :
- le salarié peut obtenir des dommages et intérêts s’il démontre un préjudice ;
- le manquement peut être invoqué à l’appui d’une prise d’acte ou d’une demande de résiliation judiciaire du contrat ;
- l’absence de visite de reprise empêche de tirer les conséquences de l’état de santé du salarié, notamment une éventuelle inaptitude ;
- des sanctions pénales sont prévues en cas de méconnaissance des règles relatives aux services de santé au travail.
Ces obligations s’appliquent dès la période d’essai : un salarié embauché puis dont l’essai est rompu doit avoir été déclaré au service de santé au travail. Sur ce point, voir notre guide sur la rupture de la période d’essai.
Passer à l’action
Vérifiez d’abord que votre entreprise est bien adhérente à un service de prévention et de santé au travail et que tous vos salariés y sont déclarés. Créez ensuite un tableau de suivi simple : date d’embauche, type de suivi, date de la dernière visite, prochaine échéance. Ajoutez une règle à votre processus RH : à chaque arrêt de plus de 30 jours, proposer le rendez-vous de liaison, et à chaque retour d’arrêt atteignant les seuils, saisir le service de santé au travail dès que la date de reprise est connue. Une heure de mise en place suffit à éviter la plupart des contentieux liés à la santé au travail.
FAQ
Quel est le délai pour la visite médicale d’embauche ? Trois mois après la prise de poste pour la visite d’information et de prévention ; avant l’affectation pour les postes à risques, les travailleurs de nuit et les moins de 18 ans.
La visite d’embauche est-elle obligatoire si le salarié en a déjà passé une récemment ? Pas toujours : elle peut être évitée si une visite a eu lieu dans les cinq ans pour un poste équivalent, sous conditions.
Quand faut-il organiser une visite de reprise ? Après un congé maternité, une maladie professionnelle, un accident du travail d’au moins 30 jours ou une maladie non professionnelle d’au moins 60 jours.
Quelle différence entre visite de pré-reprise et rendez-vous de liaison ? La pré-reprise prépare médicalement le retour ; le rendez-vous de liaison informe le salarié des dispositifs d’accompagnement et reste facultatif pour lui.
Que risque l’employeur qui n’organise pas les visites ? Des dommages et intérêts, une fragilisation de la relation de travail et, dans certains cas, des sanctions pénales.
Questions fréquentes
Quel est le délai pour la visite médicale d'embauche ?
La visite d'information et de prévention doit intervenir dans un délai qui n'excède pas trois mois à compter de la prise effective du poste. Pour certains salariés, comme les travailleurs de nuit ou les jeunes de moins de 18 ans, elle doit avoir lieu avant l'affectation au poste. Pour les postes à risques relevant du suivi individuel renforcé, c'est un examen médical d'aptitude qui doit être réalisé avant l'embauche effective sur le poste.
La visite d'embauche est-elle obligatoire si le salarié en a déjà passé une récemment ?
Pas toujours. Une nouvelle visite n'est pas nécessaire lorsque le salarié a bénéficié d'une visite dans les cinq ans précédant l'embauche, pour un emploi identique présentant des risques équivalents, que le professionnel de santé est en possession de la dernière attestation ou du dernier avis, et qu'aucune mesure ni avis d'inaptitude n'a été émis au cours de cette période. Pour le suivi renforcé, le délai est en principe de deux ans.
Quand faut-il organiser une visite de reprise ?
Après un congé de maternité, après une absence pour cause de maladie professionnelle, après un arrêt d'au moins 30 jours pour accident du travail, et après un arrêt d'au moins 60 jours pour maladie ou accident d'origine non professionnelle. L'employeur saisit le service de prévention et de santé au travail dès qu'il connaît la date de fin de l'arrêt, pour que la visite ait lieu le jour de la reprise et au plus tard dans les huit jours.
Quelle différence entre visite de pré-reprise et rendez-vous de liaison ?
La visite de pré-reprise est organisée pendant l'arrêt, pour un arrêt de plus de 30 jours, à l'initiative du salarié, du médecin traitant, du médecin conseil ou du médecin du travail, afin de préparer le retour et d'éventuels aménagements. Le rendez-vous de liaison, réservé aux arrêts de plus de 30 jours, réunit le salarié et l'employeur avec le service de santé au travail pour informer le salarié des dispositifs d'accompagnement ; il est facultatif pour le salarié.
Que risque l'employeur qui n'organise pas les visites ?
Le défaut d'organisation d'une visite obligatoire constitue un manquement à l'obligation de sécurité de l'employeur. Le salarié peut obtenir des dommages et intérêts s'il démontre un préjudice, et le manquement peut être invoqué à l'appui d'une prise d'acte ou d'une demande de résiliation judiciaire. Des sanctions pénales sont aussi prévues en cas de méconnaissance des règles relatives aux services de santé au travail.